Une instance stratégique tourne une page décisive à travers une cérémonie de passation virtuelle.
L’instance décisionnelle de l’organisation en charge de la préservation du fleuve Mono a tenu sa septième rencontre officielle le 18 août dernier. Se déroulant intégralement en visioconférence, cette réunion ministérielle a été marquée par un moment symbolique fort : la transmission officielle de la présidence de l’institution de la République du Bénin vers la République Togolaise.
Cette transition de leadership a vu Mme Mila Mawunyo Aziable, Ministre togolaise de l’Eau et de l’Assainissement, succéder à son homologue béninois, M. José Didier Tonato, qui occupait le portefeuille de l’Énergie, de l’Eau et des Mines. Cet événement consacre le début d’un nouveau chapitre pour la coopération régionale autour de ce cours d’eau vital.
Bilan et Perspectives : Un Point d’Étape Nécessaire
Au cœur des discussions, les participants ont procédé à un examen minutieux des progrès accomplis depuis la précédente session, qui s’était tenue à Lomé au début de l’année 2024. L’objectif était double : évaluer le degré de mise en œuvre des résolutions arrêtées six mois plus tôt et dresser un état des lieux exhaustif des initiatives actuellement en cours de déploiement.
Ces travaux de suivi sont indispensables pour assurer la cohérence et l’efficacité des actions menées sur le terrain. Ils permettent de s’assurer que la gestion concertée et pérenne des ressources hydriques du bassin suit sa trajectoire, de corriger le tir si nécessaire et de mutualiser les retours d’expérience pour une meilleure planification future. Cette révision périodique incarne l’essence même de la collaboration binationale, visant à optimiser l’impact des politiques publiques environnementales pour les populations riveraines.
Les Défis d’un Bassin Transfrontalier Vital
Le bassin versant du Mono représente un patrimoine écologique et économique fondamental pour toute une région. S’étendant sur des dizaines de milliers de kilomètres carrés, ce fleuve et son réseau hydrographique constituent une source indispensable pour l’agriculture, la pêche, l’approvisionnement en eau potable, et même la production d’énergie hydroélectrique pour les nations qu’il traverse.
Créé en décembre 2014 par un accord historique, l’organisme de bassin a été institué précisément pour répondre aux enjeux complexes liés à la gestion d’une ressource partagée. Sa mission fondamentale est de transcender les frontières politiques pour instaurer une vision intégrée et durable, garantissant une exploitation équitable et rationnelle de l’eau. Il s’agit de concilier les impératifs de développement socio-économique de chaque pays avec l’impérieuse nécessité de préserver l’intégrité écologique du bassin pour les générations futures. Les défis sont de taille, incluant la variabilité climatique, les pollutions diffuses, la pression démographique et la nécessité de financements stables
Les Engagements de la Nouvelle Présidence Togolaise
En prenant la tête de ce conseil ministériel, la ministre Mila Mawunyo Aziable a hérité d’une dynamique collaborative déjà bien établie par ses prédécesseurs. Dans son discours d’investiture, elle a immédiatement salué les efforts entrepris et exprimé sa ferme intention de non seulement poursuivre sur cette lancée, mais surtout de l’amplifier et de la consolider.
Ses priorités s’articulent autour de trois axes majeurs. Premièrement, le renforcement de la gouvernance institutionnelle en œuvrant main dans la main avec chaque représentant pour affiner les mécanismes de coordination, de prise de décision et de suivi-évaluation. Deuxièmement, la mobilisation de ressources financières additionnelles, cruciales pour concrétiser les projets structurants inscrits dans l’agenda commun. Enfin, et surtout, la concrétisation opérationnelle de la vision partagée par tous les États membres, en traduisant les stratégies en actions tangibles sur le terrain, au plus près des besoins des populations.
Vers une Coopération Renforcée pour l’Avenir
Cette passation de pouvoir, bien plus qu’une simple formalité administrative, réaffirme l’engagement constant des deux nations à œuvrer de concert pour la sauvegarde d’un bien commun précieux. Elle symbolise la continuité de l’action publique et la force d’un dialogue transfrontalier apaisé.
La route est encore longue, mais les fondations sont solides. Le leadership togolais est attendu sur des dossiers cruciaux comme l’adaptation aux effets du changement climatique, la promotion de pratiques agricoles plus résilientes, la protection des écosystèmes aquatiques et l’amélioration de l’accès à une eau de qualité pour tous. La réussite de cette mission dépendra de la capacité collective à innover, à fédérer tous les acteurs – des autorités locales aux communautés – et à maintenir cette précieuse entente qui fait déjà de ce bassin un exemple de coopération régionale en Afrique de l’Ouest. L’avenir hydrique de la région se construit aujourd’hui, par la concertation et une volonté politique sans faille.
