Un scandale qui secoue l’administration publique
Au Togo, une accusation de viol au sein du ministère de l’Action sociale, de la Solidarité et de la Promotion de la Femme a déclenché une onde de choc. Le Secrétaire général de ce département est accusé d’avoir agressé sexuellement une employée. Cette affaire sensible met en lumière les défis liés aux violences basées sur le genre (VBG) dans la fonction publique et interpelle sur la nécessité d’une protection renforcée des travailleurs.
Une réunion d’urgence pour rétablir la confiance
Face à cette crise, la ministre de l’Action sociale, Professeure Kossiwa Zinsou-Klassou, a convoqué une rencontre exceptionnelle avec les directeurs et coordonnateurs régionaux le 24 août 2025. L’objectif : répondre rapidement aux inquiétudes et poser les bases d’une nouvelle stratégie de prévention des violences.
Cette réunion marque un tournant : il ne s’agit plus seulement de réagir après coup, mais de mettre en place des dispositifs proactifs pour assurer la sécurité et la dignité des agents.
Tolérance zéro face aux violences basées sur le genre
La ministre a réaffirmé une politique de tolérance zéro. Désormais, aucune forme de violence ne sera tolérée : agressions sexuelles, harcèlement, intimidations, humiliations, propos déplacés ou abus de pouvoir.
Cette ligne ferme est essentielle pour rétablir la confiance au sein de l’administration et donner l’exemple à d’autres institutions du pays.
Des mesures concrètes et immédiates
Pour renforcer cette politique, plusieurs initiatives ont été dévoilées :
- Signalement anonyme : installation de boîtes à suggestions dans les bureaux.
- Numéro vert 24h/24 : une ligne téléphonique gratuite pour dénoncer rapidement tout cas de violence.
- Sanctions disciplinaires renforcées : tolérance zéro envers les auteurs d’abus.
- Communication interne améliorée : diffusion régulière d’informations et transparence dans le suivi des dossiers.
Ces décisions visent à briser le silence, encourager la dénonciation et protéger les victimes.
Une cellule spéciale pour assurer le suivi
Pour éviter que ces mesures ne restent de simples annonces, une cellule spécialisée a été créée. Sa mission : coordonner, évaluer et garantir la pérennité des actions. Cette structure travaillera en partenariat avec les directions régionales, les services juridiques et les associations de défense des droits des femmes.
Un appel au changement des mentalités
Au-delà des dispositifs techniques, la ministre a insisté sur la responsabilité individuelle et collective : « Le changement commence par chacun de nous ». Elle a invité les agents à cultiver des valeurs d’humilité, de solidarité et de respect, rappelant que la lutte contre les violences n’est pas seulement une affaire de lois, mais aussi de comportements.
Contexte judiciaire : le cas du Secrétaire général
Cette réaction intervient après l’arrestation du Secrétaire général du ministère, Stanislas Bileba, placé en détention à Lomé. Accusé de viol sur une employée, il devra répondre devant la justice. Cette affaire met en évidence la nécessité d’un système de prévention robuste et d’un cadre disciplinaire exemplaire.
Une crise qui peut devenir un levier de transformation
Si cette situation est un choc pour l’administration, elle peut aussi servir d’opportunité. En réagissant avec transparence et fermeté, le ministère peut devenir un modèle de gouvernance interne et inspirer d’autres institutions à adopter des mécanismes similaires.
Vers un Togo plus protecteur et plus juste
Cette affaire rappelle que la lutte contre les VBG ne concerne pas seulement la sphère privée, mais aussi le monde professionnel. En mettant en place une politique claire de tolérance zéro et en créant des outils accessibles aux victimes, le Togo avance vers une société plus protectrice et respectueuse des droits humains.
