Une forte participation des jeunes
Dans la région des Savanes, au nord du Togo, un processus inédit vient d’avoir lieu avec l’élection des nouveaux membres des Conseils Consultatifs Préfectoraux des Enfants (CCPE). Pas moins de 142 enfants ont pris part à l’initiative, parmi lesquels 72 filles, 10 enfants vivant avec un handicap et 5 réfugiés. Ces jeunes, issus des sept préfectures de la région, ont bénéficié de deux jours de formation avant de procéder à l’élection de leurs représentants.
Cette étape marque une avancée importante vers une meilleure représentativité des enfants, qui disposent désormais d’un cadre formel pour faire entendre leur voix et contribuer activement à la vie de leurs communautés.
Deux jours de formation pour préparer les élections
Avant le vote, les participants ont suivi des ateliers intensifs portant sur des thèmes essentiels à leur rôle de futurs conseillers. Parmi les sujets abordés figuraient :
- les droits et devoirs de l’enfant,
- les responsabilités des élus au sein des CCPE,
- les notions de leadership et de participation citoyenne,
- ainsi que les techniques d’élaboration de plans d’action communautaires.
Ces sessions ont permis aux enfants de se familiariser avec la notion de gouvernance participative. Mais elles ont aussi offert un espace de dialogue où chacun a pu partager ses réalités quotidiennes. Les jeunes ont évoqué des difficultés telles que le manque d’infrastructures scolaires, l’insécurité dans certaines zones, la précarité des familles ou encore la stigmatisation liée au genre et au handicap.
Des instances pour donner la parole aux enfants
Les CCPE sont conçus comme des structures représentatives permettant aux enfants de défendre leurs droits et d’intervenir dans la prise de décisions locales. Ils constituent un véritable canal entre les communautés et les autorités, tout en favorisant l’inclusion des plus vulnérables.
Avec l’installation de nouvelles équipes élues, les enfants des Savanes disposent d’une tribune officielle pour exprimer leurs préoccupations. Cette dynamique contribue à renforcer leur rôle d’acteurs sociaux capables de proposer des solutions aux défis rencontrés dans leur environnement.
Un processus inscrit dans une stratégie de protection
L’élection des membres des CCPE s’inscrit dans le cadre d’un programme plus large consacré à la protection des enfants victimes ou exposés à la violence, en particulier ceux affectés par l’instabilité sécuritaire dans le Sahel.
Ce programme avait été présenté quelques semaines auparavant lors d’une rencontre à Dapaong. Cette séance de mobilisation avait réuni autorités locales, leaders traditionnels, organisations de la société civile et acteurs engagés dans la protection de l’enfance. L’objectif était de partager les grandes lignes du projet, ses activités phares et ses résultats attendus, afin de favoriser l’adhésion de toutes les parties prenantes.
Des défis accentués par le contexte sécuritaire
La région des Savanes fait face depuis plusieurs années aux conséquences de la crise sahélienne. Les incursions violentes et les déplacements forcés de populations ont fragilisé les communautés locales, exposant particulièrement les enfants à de multiples risques :
- abandon scolaire,
- violences physiques ou psychologiques,
- exploitation et travail précoce,
- marginalisation sociale.
Ces réalités ont été au cœur des échanges, mettant en évidence la nécessité d’outils adaptés pour répondre aux besoins urgents des enfants. Les CCPE apparaissent dès lors comme des instances capables de relayer ces préoccupations auprès des décideurs et d’orienter les actions de protection.
Un engagement des organisations locales et partenaires
À travers ce programme, l’Association Nouveau Visage pour l’Afrique (ANVA), en collaboration avec différents partenaires, a renforcé les mécanismes de protection déjà existants dans les communautés. Concrètement, les actions menées ont porté sur :
- la sensibilisation des familles et des chefs traditionnels aux droits de l’enfant,
- la mise en place de comités de vigilance locaux,
- l’amélioration de l’accès des enfants aux services sociaux de base,
- la création d’espaces d’expression sécurisés pour les plus jeunes.
Ces efforts conjugués ont contribué à instaurer un environnement plus protecteur, tout en donnant aux enfants eux-mêmes la possibilité d’être partie prenante des solutions.
Une meilleure représentativité et plus d’inclusion
L’élection des nouveaux CCPE consacre également le principe d’inclusion. Les filles ont désormais une place importante dans ces instances, ce qui permet de réduire les inégalités de genre. De même, les enfants en situation de handicap et les réfugiés participent activement à la prise de décisions, ce qui témoigne d’une ouverture vers une gouvernance inclusive et respectueuse de la diversité.
Cette représentativité élargie donne un signal fort : aucun enfant ne doit être laissé de côté dans les efforts de protection et de développement.
Une jeunesse prête à relever les défis
Les jeunes élus aux CCPE incarnent une génération motivée et ambitieuse. Ils sont appelés à devenir des relais essentiels entre leurs pairs et les autorités locales. Grâce à la formation reçue, ils disposent désormais d’outils concrets pour exercer un leadership positif et contribuer à la résolution des problèmes communautaires.
Leur engagement va bien au-delà de la simple représentation symbolique. Il s’agit d’une véritable prise de responsabilité qui ouvre la voie à une citoyenneté active dès le plus jeune âge.
