L’Université de Lomé a accueilli, le 16 avril 2026, une double conférence scientifique initiée par le Centre de Droit Public. Organisée dans l’enceinte de la salle Professeur Ahadzi-Nonou, cette rencontre intellectuelle a mobilisé un large public composé d’enseignants-chercheurs, d’étudiants, de doctorants ainsi que de professionnels intéressés par les questions juridiques et géopolitiques.
À travers deux interventions complémentaires, les participants ont été invités à réfléchir sur des thématiques majeures : les libertés académiques et les orientations de la politique étrangère africaine au XXIe siècle. Une initiative qui confirme la volonté de l’institution universitaire de promouvoir le débat scientifique sur les grands enjeux contemporains.
Les libertés académiques face aux défis contemporains
La première communication, centrée sur la question des libertés académiques, a été animée par Komi Kouvon, spécialiste des questions d’éthique et de philosophie politique. Son intervention a permis d’explorer les conditions dans lesquelles s’exercent l’enseignement et la recherche dans les universités modernes.
Le conférencier a mis en lumière les pressions qui peuvent peser sur la liberté intellectuelle. Il a notamment évoqué les risques liés à la censure, aux influences politiques et aux idéologies dominantes, qui peuvent entraver l’autonomie des chercheurs. Selon lui, la liberté académique constitue un pilier fondamental du progrès scientifique et de la production du savoir.
L’analyse a également permis de souligner que ces libertés ne sont jamais définitivement acquises. Elles nécessitent une vigilance constante de la part des institutions, des enseignants et des étudiants, afin de garantir un espace de réflexion libre, critique et indépendant.
Repenser la politique étrangère des États africains
La seconde conférence a porté sur les relations internationales et les stratégies diplomatiques du continent africain. Elle a été animée par Guy Rossatanga-Rignault, expert en droit public et en science politique.
Dans son exposé, l’intervenant a proposé une lecture originale de la scène internationale, comparant celle-ci à un espace mouvant où chaque État doit définir sa trajectoire en fonction de ses réalités propres. Cette approche a permis de mieux comprendre les enjeux auxquels font face les pays africains dans un contexte mondial marqué par des rapports de force complexes.
Le conférencier a plaidé pour une diplomatie plus pragmatique et stratégique, capable de défendre les intérêts nationaux tout en s’inscrivant dans une dynamique de coopération internationale. Il a insisté sur la nécessité pour les États africains d’affirmer leur souveraineté, notamment à travers des initiatives régionales et des visions telles que le panafricanisme.
Les nouveaux enjeux : numérique et intelligence artificielle
Au-delà des considérations classiques liées à la diplomatie, l’intervention a également mis en lumière les défis émergents. Le développement du numérique et de l’intelligence artificielle apparaît désormais comme un facteur déterminant dans les relations internationales.
Selon l’expert, ces transformations technologiques imposent aux États africains de repenser leurs stratégies, afin de ne pas rester en marge des mutations globales. L’intégration de ces enjeux dans les politiques publiques devient ainsi une priorité pour garantir une meilleure compétitivité et une présence accrue sur la scène internationale.
Une forte mobilisation des autorités universitaires
Ces échanges ont bénéficié de la présence de plusieurs figures importantes du monde académique, dont le président de l’Université de Lomé, Kossivi Hounaké. À ses côtés, d’anciens responsables de l’institution ont également pris part aux travaux, témoignant de l’intérêt accordé à ces thématiques.
Cette mobilisation institutionnelle souligne l’importance stratégique de ces réflexions pour le développement de l’enseignement supérieur et de la recherche au Togo. Elle traduit également une volonté d’encourager le dialogue entre les différentes générations d’universitaires.
Le rôle du Centre de Droit Public dans la production scientifique
À travers cette initiative, le Centre de Droit Public confirme son engagement en faveur de la promotion de la recherche juridique et du débat intellectuel. L’organisation régulière de conférences et d’ateliers permet de créer un espace d’échanges entre experts et apprenants.
Ces activités contribuent à enrichir la formation académique, tout en favorisant une meilleure compréhension des enjeux liés au droit, à la gouvernance et aux relations internationales. Elles participent également à l’émergence d’une pensée critique, essentielle pour relever les défis contemporains.
Une contribution au débat sur les enjeux globaux
En réunissant des spécialistes autour de sujets aussi essentiels que les libertés académiques et la diplomatie africaine, cette double conférence s’inscrit dans une dynamique de réflexion globale. Elle offre aux participants des clés de lecture pour mieux appréhender les transformations en cours dans le monde.
Au-delà de l’université, ces échanges ont vocation à nourrir les débats publics et à inspirer les décideurs. Ils rappellent que le savoir et la réflexion critique demeurent des leviers indispensables pour construire des sociétés plus justes, plus libres et mieux préparées aux défis de demain.
