Une mobilisation régionale pour protéger la population
La lutte contre la circulation de boissons frelatées prend une nouvelle dimension dans la région des Savanes. Le samedi 16 août 2025, une vaste opération a conduit à la destruction publique de 11 145 litres de sodabi, une boisson alcoolisée largement consommée mais souvent produite dans des conditions douteuses. Cette initiative s’inscrit dans une politique rigoureuse de préservation de la santé publique et de maintien de l’ordre économique dans une zone déjà vulnérable.
Cette action spectaculaire a été menée sous la supervision du secrétaire général du gouvernorat des Savanes, Kégbéro Latifou Seigneur, en présence des représentants des Forces de défense et de sécurité, des autorités administratives et de plusieurs habitants.
Une opération encadrée par la loi
La destruction des milliers de litres de sodabi repose sur l’application stricte de l’arrêté n°001/2025/MATDCC/RS/CAB-GOUV/SG du 24 mars 2025. Ce texte interdit temporairement l’importation, la production et la vente du sodabi sur l’ensemble du territoire de la région des Savanes.
L’arrêté trouve sa justification dans les nombreux cas d’intoxications liés à la consommation de ce breuvage frelaté. Les enquêtes de la police et de la gendarmerie ont révélé l’ampleur du trafic, souvent alimenté par des réseaux transfrontaliers opérant dans l’ombre. Les saisies successives témoignent d’une organisation bien structurée, mais désormais fragilisée par la vigilance accrue des forces de l’ordre.
Une saisie record après des mois d’enquêtes
Le chiffre de 11 145 litres saisis et détruits n’est pas anodin. Il résulte de plusieurs semaines d’opérations menées dans différents points stratégiques de la région. Les forces de sécurité ont multiplié les descentes, interceptant des cargaisons sur les routes et dans des dépôts clandestins.
Il faut rappeler qu’une première destruction avait déjà eu lieu le 10 mai 2025. À cette occasion, 50 fûts et 131 bidons de sodabi et d’autres alcools frelatés avaient été neutralisés. L’opération du 16 août marque donc une intensification de la riposte, avec des volumes saisis nettement plus importants.
Les dangers du sodabi frelaté
Si la répression est aussi ferme, c’est parce que le sodabi frelaté représente une véritable menace pour la santé publique. Produit artisanalement, souvent sans respect des normes d’hygiène et de sécurité, ce breuvage contient fréquemment des substances toxiques.
Les spécialistes alertent sur les risques graves que courent les consommateurs :
- intoxications aiguës, pouvant entraîner des hospitalisations ;
- atteintes irréversibles au foie, aux reins et au système nerveux ;
- dans certains cas, décès suite à une consommation excessive.
Pour les autorités sanitaires, il ne s’agit pas seulement d’un problème de consommation abusive d’alcool, mais bien d’un enjeu de santé publique majeur.
Une menace pour l’économie locale et la sécurité
Au-delà de la santé des populations, la prolifération de boissons frelatées compromet l’économie locale. La commercialisation du sodabi échappe en effet aux circuits officiels, privant l’État de recettes fiscales importantes. Elle alimente également une économie parallèle, parfois liée à la contrebande et à d’autres trafics illicites.
Dans la région des Savanes, frontalière avec plusieurs pays, ces activités informelles constituent un facteur de déstabilisation supplémentaire. Les forces de l’ordre, déjà engagées dans la lutte contre l’insécurité, doivent désormais conjuguer leurs efforts pour endiguer ce phénomène.
La détermination des autorités
En procédant à la destruction publique de ces boissons, les autorités envoient un message clair : tolérance zéro face à ce commerce illicite. Pour le secrétaire général du gouvernorat, cette action s’inscrit dans la continuité de la politique nationale de protection des citoyens et de sécurisation des frontières.
L’État entend ainsi montrer sa détermination à éradiquer la distribution de sodabi frelaté, tout en appelant la population à une collaboration active. Les habitants sont invités à signaler toute activité suspecte et à éviter la consommation de produits dont l’origine n’est pas certifiée.
L’appel à la responsabilité des citoyens
Les autorités locales insistent sur la responsabilité partagée dans cette lutte. Les efforts des forces de l’ordre ne sauraient suffire sans une prise de conscience collective. Chacun est appelé à agir :
- en refusant d’acheter ou de consommer du sodabi dont la provenance est douteuse ;
- en sensibilisant son entourage sur les dangers encourus ;
- en dénonçant les trafiquants et points de vente clandestins.
La réussite de cette lutte repose sur la mobilisation générale des populations, des leaders communautaires et des associations de jeunes, afin de faire barrage à la propagation de boissons frelatées.
